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 "Il voulait juste faire peur à Sohane"

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Marybess
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MessageSujet: "Il voulait juste faire peur à Sohane"   Ven 31 Mar - 23:42

"Il voulait juste faire peur à Sohane"


Le procès du tortionnaire présumé de la jeune fille, 17 ans, morte Les deux accusés doivent répondre, le premier, d'actes de torture ou de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, le second, de complicité par aide et assistance.


Le procès du tortionnaire présumé de Sohane, 17 ans, morte brûlée vive en 2002 à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), et de son complice, s'est ouvert vendredi devant la cour d'assises du Val-de-Marne sans tension particulière, avec l'examen de la personnalité des deux accusés. Le palais de justice de Créteil avait pourtant été placé sous "surveillance renforcée" par crainte de débordements de proches des accusés, très connus dans la cité Balzac où les faits ont eu lieu.

Ces derniers, Jamal, 22 ans, chemise sombre à rayures, et Tony, 23 ans, en tenue de sport, doivent répondre, le premier, d'actes de torture ou de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, le second, de complicité par aide et assistance.

"Caïd incontrôlable"

Au premier jour du procès, Jamal a tout d'abord fait montre de réserve, gardant tout au long de la matinée la tête baissée. Il s'est ensuite défendu avec aplomb face aux observations sur sa personnalité, présentée comme duale : "caïd incontrôlable, arrogant, violent" pour ses anciens professeurs, "bon fils", "grand frère" "serviable et gentil" pour sa famille et ses voisins, qui va même chercher des copines "au commissariat".

Sur les bancs des parties civiles, la famille de Sohane, son père Chérif et ses soeurs Kahina, Whaïba, Sonia, ainsi que son frère Sofiane, ont écouté la lecture des faits, pleurant parfois. Le 4 octobre 2002, en fin d'après-midi, Sohane, transformée en torche vivante, s'écroulait dans l'herbe au pied d'un bâtiment de la cité Balzac. Elle décédait deux heures plus tard. La jeune fille avait été aspergée d'essence, en présence de deux de ses amies, par Jamal, lors d'une "explication" dans un local à poubelles. Ce dernier, malgré les supplications des trois jeunes filles, avait ensuite allumé un briquet à plusieurs reprises.
Interpellé deux jours après le drame à l'hôpital, où il était soigné sous une fausse identité pour de graves brûlures, Jamal, surnommé "Nono" par ses copains, a toujours affirmé qu'il voulait juste "faire peur" à Sohane. Il a réaffirmé vendredi que la jeune fille, décrite dans des témoignages comme "très jolie", "grande sentimentale" mais "renfermée", avait été sa "petite amie", ce qui est contesté par sa famille et des témoins.

Des "conditions atroces"

Selon l'accusation, il avait décrété Sohane persona non grata à Balzac. Jamal, issu d'une famille "unie", a eu une scolarité chaotique, ses professeurs le présentant comme "insolent" et "perturbateur", tout en soulignant "de bonnes capacités intellectuelles" inexploitées. Jamal juge "exagérés" ces reproches, évoquant même un "acharnement". "Tout ce qu'il faisait était pesé. Je l'imagine capable d'assez de méchanceté pour lui faire croire (à Sohane, ndlr) que sa dernière heure était venue", déclare aux policiers l'un de ses professeurs qui ne le soupçonnait cependant pas de pouvoir commettre le pire. Jamal baisse la tête.

Physique athlétique, Tony, lui, est accusé d'avoir surveillé et maintenu fermée la porte du local à poubelles. Passionné de "sport" et "de feux d'artifice", ce qui lui vaudra son surnom de "Pyro", Tony Rocca est présenté par sa famille, plusieurs fois recomposée, comme un garçon "calme, gai, sociable", "pas capable de faire du mal". Evoquant brièvement le drame, Tony a simplement déclaré que Sohane était "morte dans des conditions atroces", ce qui "l'a marqué". Le fond de l'affaire doit être examiné lundi, le verdict est attendu vendredi.

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MessageSujet: Chronologie d’une tragédie   Sam 1 Avr - 1:11

Chronologie d’une tragédie

Le 4 octobre 2002, Sohane Benziane, arrosée d’essence, est brûlée vive.

Il est environ 18 heures, ce 4 octobre 2002. Des jeunes et des enfants de la cité Balzac, à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), profitent des derniers rayons de soleil. Soudain, ils aperçoivent une torche humaine surgir du local à poubelles situé en bas de l’immeuble H. Sohane Benziane, dix-huit ans, meurt brûlée vive quelques heures plus tard à l’hôpital de Clamart, où elle est évacuée. Quatre ans plus tard s’ouvre le procès de D., surnommé Nono, et de son complice R. Ils comparaissent ce matin, et pendant toute la semaine prochaine, devant la cour d’assises de Créteil. Le premier est accusé d’avoir « soumis Sohane Benziane à des actes de torture ou de barbarie, avec cette circonstance que les faits ont entraîné la mort de la victime, et ce sans intention de la donner ». Le second est poursuivi pour avoir « sciemment apporté son aide ou son assistance » au présumé meurtrier.

Ce 4 octobre 2002, Sohane et deux de ses copines se trouvent dans le local à poubelles, avec Nono. Selon les amies, ce dernier tient une bouteille d’essence dans les mains, en asperge Sohane, puis allume un briquet en s’exclamant : « Vous croyez que je ne suis pas capable de le faire ? » Les deux copines auraient supplié Nono d’arrêter sa barbarie, mais ce dernier aurait approché son briquet, provoquant ainsi le drame. Toujours selon les témoins, des copains de l’agresseur veillaient à ce que personne n’entre ni ne sorte du local à poubelles.

À l’origine de cette tragédie : Nono n’aurait pas supporté d’être humilié par le petit ami de Sohane, au cours d’une bagarre. Depuis cet incident, selon un témoin, le présumé meurtrier avait la « rage » contre sa future victime, habitante d’une cité voisine, et lui interdisait l’accès à son quartier. Au cours de l’été 2002, quand Nono voyait Sohane, il se montrait menaçant et tentait de la frapper. Il aurait d’ailleurs porté la main sur elle. Mais cette dernière n’entendait pas qu’on lui dicte la loi. « Elle a osé braver l’interdit de circuler, un cas extrême de la régression en droit », commente Annie Sugier, présidente de la Ligue du droit international des femmes, qui se porte partie civile.

Nono affirme, quant à lui, qu’il s’agit d’un accident. Son avocat plaidera peut-être le crime passionnel. Nono aurait déclaré aimer Sohane, mais que cet amour n’était pas réciproque. Il l’aurait emmenée dans le local à poubelles pour s’expliquer, tenter une réconciliation. Une version que les amies de la victime récusent. « Jamais ils ne se sont sortis ensemble », soutient l’une d’elles. Quoi qu’il en soit, l’acte d’accusation établit que Nono a déversé de l’essence contenue dans une bouteille d’un litre et demi sur la tête et le corps de Sohane. Il a approché d’elle un briquet allumé à une distance d’environ 5 à 7 centimètres, entraînant l’embrasement de la jeune fille et sa mort, à l’âge de dix-huit ans.
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MessageSujet: Re: "Il voulait juste faire peur à Sohane"   Sam 1 Avr - 1:11

Il aimait les filles comme Sohane, «discrète et calme»

Ils n'ont rien du caïd. Ni le langage, ni le paraître, ni le parcours. Comment Jamal Derrar, 22 ans, qui ne ressemble pas à un mauvais garçon, s'est-il transformé en «homme barbare», selon Kahina Benziane, la soeur de Sohane. Jamal Derrar qui «ne dépassait pas les limites», d'après un de ses professeurs, est poursuivi pour «acte de torture ou de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner». Et Tony Rocca, 23 ans, à ses côtés dans le box ­ «un tendre», selon sa petite amie, passionné de sport et de feux d'artifices ­, de «complicité».

Le 4 octobre 2002, en fin d'après-midi, Sohane Benziane, 17 ans, s'écroulait, brûlée vive dans la cité Balzac à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne). La jeune fille avait été aspergée d'essence par Jamal Derrar, lors d'une «explication» dans un local à poubelles où il l'avait entraînée. Sa mort cruelle est devenue emblématique des violences faites aux jeunes filles dans les banlieues.

«Bonne éducation». Vendredi, aux assises du Val-de-Marne, pour le premier jour de son procès qui devrait durer une semaine, Jamal Derrar dit «Nono» a revêtu une chemise à rayures et un pantalon sombre. Dans la cage de verre des accusés, il garde la tête baissée. Ses yeux ne quittent pas le sol. Il a les mains jointes sur ses genoux. Tony Rocca, en survêtement et T-shirt bleu ciel d'athlète, se tient droit et balaie l'assistance du regard. Ils ne se parlent pas.

Face à eux, la famille Benziane fait bloc, soudée et calme. Les soeurs de Sohane veillent avec tendresse sur leur père, un homme frêle, au visage marqué. La salle d'audience est pleine, une file d'attente patiente dans la salle des pas perdus. Jamal Derrar a grandi dans «une famille normale et unie», où l'«ambiance était plutôt bonne». Mohamed, son père, magasinier à Choisy-le-Roi, dit qu'il a essayé de donner à ses trois fils «une bonne éducation». Malgré de faibles revenus, il leur a payé, dès la primaire, une école privée «pour les préserver» des mauvaises influences du quartier. Il décrit son fils comme quelqu'un «toujours de très bonne humeur, de très respectueux», avec qui il n'a «jamais eu de problèmes relationnels». Selon lui, Jamal, «vif d'esprit», n'a pas vécu «une adolescence délicate», ni conflictuelle. Il lui donnait 100 francs par week-end. Sa mère, animatrice dans un centre de loisirs, a raconté qu'il «mettait l'ambiance» à la maison, et qu'il leur manque depuis son incarcération. «Une vision idéale», a résumé un policier sur son procès-verbal.

A l'école, c'était une autre histoire. Ce n'était «pas un des pires» au collège, mais un conseiller principal d'éducation décrit un «élève désagréable, perturbateur» : «Il avait une fâcheuse tendance à se croire supérieur», mais n'a jamais été convoqué en conseil de discipline.

«Agité». Ses bulletins scolaires étaient vraiment irréguliers. La présidente de la cour en lit des extraits, piqués au hasard : «Avec un peu de sérieux, vous pourriez devenir un très bon élève», «trop agité pour progresser», «élève nuisible pour la classe». De son box, Derrar le reconnaît : «J'étais dans une spirale : on se tirait par le bas. Mais je n'étais pas le meneur.» Au lycée ­ pour un BEP de vente ­, cela ne s'arrange pas. «Il cherchait à se faire remarquer, il narguait, titillait verbalement», se souvient un professeur. L'année scolaire 1999-2000, il cumule 76 jours d'absence et 18 retards. Mais aucune violence. Un prof, interrogé lors de l'enquête, croit savoir qu'«il se faisait rembarrer par les filles». Derrar reste impassible. Ses parents ne lui ont pas connu de petite copine. «Il n'a jamais présenté de filles», a raconté son père aux policiers. Ajoutant : «C'est une barrière que je ne m'explique pas car je suis ouvert là-dessus.»

La présidente lui pose la question. Derrar répond qu'il n'a «pas connu trop de filles». «Vous n'avez jamais eu de relations sexuelles ?» insiste la magistrate. «C'est ça», lâche-t-il sans se fâcher. Il a bien eu quelques copines, «trois ou quatre». Cependant ne se souvient pas de leur nom. «Vous en êtes sûr ?» vérifie la présidente. Elle s'en étonne.

«Pratiquant». Lors des interrogatoires, Jamal Derrar a toujours maintenu qu'il avait flirté avec Sohane, et qu'il l'avait convoquée pour une explication d'ordre amoureux. «A-t-elle été votre petite amie ?» demande la présidente. Il acquiesce. Face à lui, les soeurs de Sohane font «non» de la tête. A l'époque, il appréciait les filles comme Sohane, «discrète et calme». Jamal Derrar affirme qu'il est devenu «pratiquant» en prison. Alors, «une femme pratiquante me suffirait», dit-il.

Lundi, le procès reprendra avec l'examen des faits.
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MessageSujet: Re: "Il voulait juste faire peur à Sohane"   Mar 4 Avr - 1:14

Au procès Sohane, l'accusé défend la thèse de l'accident

CRETEIL, Val-de-Marne (Reuters) - Jamal Derrar, responsable présumé de la mort de Sohane, brûlée vive en 2002 dans une cité de la banlieue parisienne, a défendu devant la cour d'assises la thèse de l'accident.

A la deuxième audience du procès à Créteil, le jeune homme de 22 ans a affirmé qu'il avait seulement voulu faire peur à sa victime, avec qui il aurait eu un différend sentimental.

Ce crime est devenu aux yeux de certaines associations, notamment "Ni putes ni soumises", le symbole de la violence des cités défavorisées et particulièrement des violences faites aux femmes. L'accusé a contesté ces théories.

"C'est un accident. Je ne comprends pas comment on peut, dans les médias, me faire porter des choses qui me correspondent pas", a dit le jeune Français d'origine algérienne.

"Il n'y a pas de problème avec les filles ou les femmes dans les banlieues. On dit que je traitais les filles comme des objets sexuels, mais j'ai jamais eu de rapports (sexuels-NDLR) de ma vie", a-t-il dit.

Il a nié être un délinquant qui aurait fait régner la terreur dans sa cité, comme l'avancent les avocats de la famille de Sohane. "Quel caïd j'étais ? J'allais en bus à l'école, j'avais un scooter d'occasion", a-t-il dit.

"J'ai rien à voir avec les problèmes de banlieue, avec les combats féministes", a-t-il ajouté. Il a décrit son crime comme un enchaînement de hasards.

Croisant Sohane dans la rue, le 4 octobre 2002, il lui aurait demandé de le suivre pour une explication sur leur litige sentimental. Selon lui, ils avaient eu une liaison peu avant et il souhaitait la reprendre, ce qu'elle refusait.

"J'AI VU LE FEU PARTIR"

Les témoins affirment tous, au contraire, que les deux adolescents n'avaient jamais eu de liaison. Jamal Derrar aurait voulu seulement se venger après une querelle.

En août 2002, le petit ami de Sohane aurait en effet frappé sa petite amie, selon ces témoins. Derrar, après une explication sur l'incident, aurait été malmené à son tour par le petit ami de Sohane, ce qui l'aurait conduit à imaginer une punition.

Jamal Derrar a dit avoir entraîné Sohane dans un local à poubelles de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine, pour fumer ensemble une cigarette "en cachette". L'accusation dit qu'il a forcé la jeune fille à y entrer avec l'aide d'un ami, Tony Rocca, 23 ans, jugé pour "complicité".

Sans émotion apparente, Jamal Derrar a reconnu avoir aspergé d'essence la jeune fille puis avoir agité un briquet sous ses yeux pour lui faire peur.

L'essence avait été dissimulée au préalable dans le local, selon l'accusation. L'accusé affirme l'avoir trouvée par hasard.

"En m'amusant à la menacer, je pensais contrôler la situation. (...) J'ai vu le feu partir d'un coup. J'ai entendu 'boum', je sais pas d'où c'est parti", a-t-il poursuivi.

Lui-même brûlé, il a pris la fuite et la jeune fille est morte plusieurs heures après des suites de ses blessures.

Jamal Derrar a eu peu de mots pour sa victime. "J'ai peur. Je sais que je vais passer ma jeunesse en prison, alors je ne porte pas ça comme fierté, j'ai honte", a-t-il conclu.

Des policiers ont raconté à la cour que les pompiers venus secourir Sohane avaient été accueillis sous les pierres et les insultes.

Les enquêteurs ont eu des difficultés à retrouver les auteurs du crime, les témoins refusant selon eux de parler et affichant parfois leur "soutien" à Jamal Derrar. La stèle commémorative du crime a été saccagée à plusieurs reprises.

Jamal Derrar et Tony Rocca, poursuivis respectivement pour "actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et "complicité" de ce crime, encourent la réclusion à perpétuité. Le procès se termine vendredi.
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Marybess
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MessageSujet: Re: "Il voulait juste faire peur à Sohane"   Mar 4 Avr - 1:22

j'espère qu'il va prendre perpette

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MessageSujet: Re: "Il voulait juste faire peur à Sohane"   Mar 4 Avr - 2:43

je l'espere aussi, sa ne devrais pas arriver ses choses la
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MessageSujet: Re: "Il voulait juste faire peur à Sohane"   Jeu 6 Avr - 2:59

'Elle disait pitié, arrête'', témoigne une amie de Sohane

CRETEIL (AFP) - "Sohane criait. Elle disait +pitié, arrête+". Mercredi, deux amies de la jeune fille morte brûlée vive à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), témoins directs du drame, ont raconté devant la cour d'assises ces instants d'octobre 2002 où tout s'est précipité.

Monia, 21 ans, et Isabelle, 22 ans, habitaient toutes deux cité Balzac à Vitry. Amies proches de Sohane Benziane, mais aussi de son agresseur, elles étaient aux côtés de la jeune fille, ce 4 octobre 2002, quand Jamal Derrar, 22 ans, l'a arrosée d'essence dans un local à poubelles. Elles ont vu Sohane, 17 ans, prendre feu.

Une vision qui "aurait marqué n'importe qui. Tout Vitry a été marqué", a dit mercredi Monia aux jurés de la cour d'assises du Val-de-Marne, qui juge Jamal Derrar pour actes de torture ou de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

A ses côtés dans le box, Tony Rocca, 23 ans, est accusé de complicité pour avoir surveillé la porte du local.

"J'étais là, j'ai tout vu", commence d'emblée Isabelle, conduite au local par l'accusé, comme Monia.

Jamal Derrar "voulait lui faire peur (à Sohane) pour qu'elle ne revienne plus (à Balzac). Il était énervé", raconte-t-elle. Sohane disait qu'elle "n'allait plus revenir, mais il l'a arrosée d'essence. Elle a voulu s'enfuir, elle disait +pitié, arrête+. Elle criait. Elle pleurait. Il lui a fait une balayette. Elle s'est relevée, m'a agrippée. C'est là qu'il a sorti le briquet".

Jamal Derrar, que tout le monde appelait "Nono", "approchait et reculait la flamme, il disait +t'as peur, t'as peur+. Et puis Sohane a pris feu d'un coup", termine Isabelle.

Des sanglots dans la voix, Monia se souvient comment "d'un coup ça a dégénéré. Il l'a giflée. Il a ouvert la bouteille, il l'a versée sur sa tête". "On a senti l'odeur, poursuit-elle, c'est là qu'on a réalisé, qu'on a tous eu peur. Elle l'a supplié...".

Tout au long des dépositions des deux jeunes femmes, Jamal Derrar garde obstinément la tête baissée.

Selon elles, Sohane, qui n'a "jamais" été la petite amie de Jamal Derrar - ce que lui affirme - était interdite de cité Balzac par l'accusé. "Dès qu'il la voyait, il la tapait", a raconté Isabelle. Quand la présidente Janine Drai évoque une "dispute d'amoureux", Monia réplique aussitôt : "ça, c'est n'importe quoi", puis regarde l'accusé et lui lance "t'as raison de baisser la tête".

Dans le box, quand "Nono" relève la tête, c'est pour affirmer qu'Isabelle et Monia mentent.

"Quand Monia dit que Sohane était interdite de cité?", demande la présidente. "Elle ment", répond-il. "Quand elle dit que vous n'avez jamais eu d'histoire avec Sohane?" "Elle ment". "Quand elle dit que vous approchez la flamme?" "Elle dit vrai", dit-il avant de présenter à Monia ses "regrets. C'était ton amie".

"Quand on demande pardon, on dit déjà la vérité", lui lance-t-elle.

Pour les amies de Sohane, qui disent toutes que depuis longtemps l'accusé en voulait à la jeune fille, la "goutte d'eau qui a fait déborder le vase", c'est la bagarre ayant opposé Jamal Derrar au petit ami de cette dernière, l'été précédant le drame. Mercredi soir, Thondy Diakho, surnommé "Issa", 24 ans, a affirmé que c'est parce qu'il avait "eu le dessus" que "Nono" s'en était pris à Sohane. "Ca faisait plus mal et c'était plus facile", a-t-il dit.
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MessageSujet: Re: "Il voulait juste faire peur à Sohane"   Ven 7 Avr - 15:33

le double visage du meurtrier de Sohane

" Les expertises psychologiques et psychiatriques n'ont pas permis de déterminer le profil de l'accusé. Le réquisitoire et les plaidoieries de la défense auront lieu vendredi
Les jurés de la cour d'assises du Val-de-Marne ont été noyés jeudi sous un flot d'expertises psychiatriques et psychologiques des deux jeunes hommes qui répondent l'un de la mort de Sohane Benziane, brûlée vive à 17 ans en 2002 à Vitry-sur-Seine, l'autre de complicité.
Pas moins de huit expertises ont été présentées devant la cour. Celles concernant le profil psychologique de Jamal Derrar, 22 ans, accusé d'actes de torture ou de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, sont apparues contradictoires sur bien des points.
Déjà présenté, au premier jour du procès, comme une personnalité duale - "caïd incontrôlable, arrogant, violent" pour les uns, "bon fils", "serviable et gentil" pour les autres - Jamal Derrar semble avoir livré aux experts le même visage double.

"Certaine authenticité"

A tous, il a raconté "son" histoire amoureuse avec Sohane, relation démentie par tous les témoins, pour expliquer que c'est parce qu'il s'était senti trahi qu'il avait voulu faire peur à la jeune fille en l'arrosant d'essence, plaidant "l'accident".
Pour le premier expert appelé à la barre, un psychiatre travaillant "depuis 30 ans dans les banlieues", l'agresseur de Sohane était "dans un état de grande détresse", pleurant silencieusement, à l'évocation des faits. "Je pense qu'il a fait preuve devant moi d'une certaine authenticité", a-t-il dit.
Pour ce psychiatre, Jamal Derrar, qui "s'exprime avec beaucoup d'aisance", ne présente aucune pathologie psychiatrique, mais des "traits caractériels" communs à beaucoup d'adolescents.
Changement de ton avec la deuxième série d'expertises, commune à un psychiatre et une psychologue. "Contact superficiel, laconique, a pratiquement refusé d'évoquer son acte, absence d'angoisse et de culpabilité, froideur affective", détaille le premier. "Peu émotif, indifférent, verbalisant à froid", poursuit la psychologue. Tous deux soulignent la "fragilité du masque de bon garçon", "une identité artificielle".

"Immature"

Pour la défense, Me Denis Giraud s'étonne alors que "le même individu puisse faire l'objet de deux expertises psychiatriques totalement contradictoires". "Quelle est la vérité?", demande-t-il. L'accusé peut être à la fois "séducteur et manipulateur ou réticent", lui répond le psychiatre.
Pour une dernière psychologue, Jamal Derrar "prend en compte la dimension de souffrance" et "apparaît authentique" lorsqu'il pleure en évoquant la mort de Sohane.
Le profil de Tony Rocca, 23 ans, accusé d'avoir surveillé la porte du local à poubelles où s'est produit le drame, est apparu comparativement plus simple. Un garçon "immature", indifférent aux autres, souffrant d'"anesthésie affective", mais sans pulsion agressive.
Les débats ont pris beaucoup de retard. Les parties civiles et l'avocat général, qui devaient s'exprimer jeudi, le feront finalement vendredi, avant les plaidoiries de la défense. Le verdict est attendu dans la nuit de vendredi à samedi."
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MessageSujet: Re: "Il voulait juste faire peur à Sohane"   Sam 8 Avr - 2:06

j'espère sincèrement qu'il auront la punission qu'il merrite

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MessageSujet: Re: "Il voulait juste faire peur à Sohane"   Sam 8 Avr - 2:36

25 ans de réclusion pour la mort de Sohane

CRETEIL, Val-de-Marne (Reuters) - Un jeune homme de 22 ans, Jamal Derrar, a été condamné dans la nuit de vendredi à samedi à 25 ans de réclusion criminelle pour avoir brûlé vive Sohane, 17 ans, en octobre 2002, dans une cité de la banlieue parisienne.

La cour d'assises du Val-de-Marne, à Créteil, a aussi condamné à huit ans de prison Tony Rocca, 23 ans, pour complicité de ce crime.

Le verdict, rendu à 01h00 du matin après six heures de délibérations, est conforme aux réquisitions de l'avocat général Jean-Paul Content.

Les jurés et la cour ont estimé que les faits constituaient des "actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner", et ils ont écarté la préméditation.

Ils ont refusé la demande de la défense de requalifier en "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", ce qui aurait été passible d'une peine maximale de 15 ans de réclusion.

Le verdict a été accueilli dans un silence total par les proches des accusés, les deux soeurs de la victime et ses parents, massés dans la salle d'audience.

L'avocat de la famille de Sohane, Francis Szpiner, a estimé que le verdict tenait compte de la gravité des faits.

"C'est une décision forte. On ne pourra pas dire dans la cité Balzac ou ailleurs que c'était un malheureux accident et que c'était d'une gravité relative", a-t-il dit.

Denis Giraud, avocat de Jamal Derrar, a expliqué qu'il n'était pas certain de faire appel.

"Il faut que Jamal Derrar réfléchisse calmement en son âme et conscience. Un appel peut rouvrir les plaies des deux côtés. C'est un dossier difficile, qui porte beaucoup de symboles", a-t-il dit.

CONTROVERSE SUR LE SENS DU CRIME

Les deux encouraient la réclusion à perpétuité. Dans l'après-midi, l'avocat général avait demandé aux jurés une peine "exemplaire" en estimant que le crime était emblématique de la violence et de l'état d'esprit sexiste existant dans les cités.

"L'image d'une femme brûlée vive nous renvoie plusieurs siècles en arrière (...) La mort (de Sohane) est devenue le symbole de la violence la plus extrême faite aux femmes", avait dit Jean-Paul Content au terme d'une semaine de procès.

Il avait fait allusion à l'origine nord-africaine de Jamal Derrar. "On ne peut pas gommer un fond culturel qui veut que le mâle commande et que la femme se soumette", a-t-il dit.

La défense avait contesté cet argument.

"Il n'y a pas de réponse à donner aux cités, la réponse est politique et sociale et elle ne vous concerne pas", avait dit aux jurés Me Giraud.

Il a souligné que la violence sexiste "existait dans tous les milieux sociaux".

Lors du procès, Jamal Derrar, a admis avoir entraîné le 4 octobre 2002 Sohane, dans un local à poubelles de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine, l'avoir arrosée d'essence et menacée d'un briquet, pendant que Tony Rocca barrait les accès.

Jamal Derrar dit n'avoir pas voulu tuer mais seulement faire peur pour régler un litige sentimental et il soutenait la thèse d'un "accident".

L'accusation soulignait toutefois que Jamal Derrar avait caché une bouteille d'essence dans le local la veille des faits.

Selon la plupart des témoins, il aurait voulu se venger non d'un dépit amoureux - il n'aurait jamais eu de liaison avec Sohane - mais solder indirectement un différend avec le petit ami de la jeune fille, qui l'avait rudoyé peu de temps avant les faits.

L'affaire est déjà emblématique et le nom de Sohane a été donné à une esplanade à Vitry. L'association "Ni putes ni soumises", qui défend notamment les femmes issues de l'immigration africaine, s'est développée après ce crime, qu'elle considère comme révélateur d'un climat.
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"Il voulait juste faire peur à Sohane"
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